Il est agréable de penser qu’une chanson attache ses notes à chaque moment. Alors il va falloir essayer d’oublier la médiocrité de nombre de musiques d’ambiance censées satisfaire le plus grand nombre. Salsa épicée façon supermarché, rock balancé au tractopelle, variété avariée et autres digressions pathétiques imposées à de pauvres tympans surexposés. Oublions, le temps passe, le temps presse, il accélère au fur et à mesure, jusqu’au moment ou le vide aura tout aspiré, ou les quais seront désertés. Accélération foudroyante, nuits blanches et fête noire de monde, le freinage pourrait bien s’avérer aussi brutal. Et le choc de l’habitude, violent.
C’est le moment de revenir à la musique, à ce qui se passe au-delà de l’arc en ciel, « Over the rainbow ». Cette chanson écrite pour Judy Garland dans « Le magicien d’Oz » – sorti en 1939, pas de hasard -incarne plus que tout autre le rêve en couleurs d’horizons dégagés. La « conjoncture », comme disent les spécialistes gris des maux les plus atroces de la société, ne prête pourtant guère à sourire. L’Armada s’en va, les vagues et autres tourbillons du quotidien ne laisseront pas la place à une plage bien nette et sans souci.
La vitesse prise pendant ces dix jours – au moins pour les innombrables acteurs de l’événement – n’a laissé à personne le loisir d’être, d’exister tout simplement. Juste la perspective d’en sortir chamboulé, physiquement et parfois même en des recoins plus intimes de la boîte crânienne. Car tous ceux qui viennent d’apprécier la lumière, de s’y exposer malgré les constants caprices de nuages généreux en liquide, savent qu’elle est également productrice d’ombre. Sans ténèbres dans une existence, le fameux arc en ciel ne vaut pas un clou.
Comment en effet imaginer éclairer autre chose que sa propre expérience, puisque les utopies se sont toutes noyées dans le marécage humain, que le champ de bataille ne disparaîtra jamais.
Reste ce doigt pointé, sans illusion mais avec quelques nouvelles étoiles dans la mémoire. Après, chacun aura tout le temps de se reposer de ne rien faire.
Arnaud Faugère
« Que d’hommes se pressent vers la lumière non pour mieux voir, mais pour mieux briller ». Friedrich Nietsche.
juillet 17, 2008 à 5:27
il depressionne mon petit arnaud?
c est vrai apres le concert d iggy pop c etait comme une chanson sur un mp3 voire meme sur une nano (j ai teste)
mais de la a se jeter dans le gouffre de la depression apres la fete de l armada ya un pas de 7 lieues
c est vrai ca faisait doublon par rapport aux fetes a brest
c est vrai ya des ameliorations a faire (deja faire des sens giratoires (ca diluerai le traffic))
l agglo a 7 ans pour ameliorer l armada
pour etre positif le final du feu d artifice du 13/07 etait super