Mais non, pas de l’officiel programmé. Pas les cérémonies, ni les discours de ce que la ville et l’Agglomération comptent de notables, responsables, VIP, incontournables ou personnalités à ménager. Non, le jour de l’ouverture, il a plu sur les quais ! A l’heure de l’inauguration, et ça vaut toutes les autres infos, même pour quelques misérables gouttelettes.
Car parmi les grandes peurs et hantises de l’Armada – outre le plan de circulation et les exigences de sécurité toujours plus drastiques -, figure l’état du ciel. Gris ou bleu, chargé ou limpide, peu importe. Mais la pluie, ça non! Depuis 1989, personne ne sait pourquoi – quelques grains passagers mis à part -, la fête a toujours été épargnée. A l’occasion étouffante, supportable la nuit tandis que les quais collaient sous le pied dans la journée. En 2008, symptômes et prophéties se rejoignent en un triste programme.
Soudoyer les services de Météo France ne servant à rien, embaucher des marabouts ou des prêtres vaudous ne donnant pas plus de résultats, l’organisation comme le public a toujours pu compter sur la chance. Comme le vent, elle tourne parfois, ce que chacun ne manque de souhaiter à l’occasion, quelque soit le sens d’ailleurs…
Mais depuis l’arrivée des premiers voiliers, on ne peut pas dire que ce soit la canicule. Et mieux vaut prévoir un parapluie ou un imper dans son sac plutôt que les bouteilles d’eau recommandées et distribuées lors de toutes les éditions précédentes. De malédiction, il est encore difficile de parler – laissons cela au bouillant Rudy Ricciotti, architecte renommé et en colère à cause de sa médiathèque rouennaise presque construite et déjà fantôme -, mais si les prévisions s’avèrent juste, il n’y aura pas que des bulles dans le champagne et les petits fours pourrait bien ramollir…
Les fameux experts du ciel, heureusement souvent pris en défaut, annoncent un temps “hors saison”. Avec le dérèglement dont tout le monde se gargarise, sait-on vraiment ce que cela signifie? Un temps pourri, frais mais sec, des giboulées ou des orages, un typhon ou un ouragan, pourquoi pas? Les marins sont habitués à ces variations, ils seront bientôt plus de huit mille en ville. Largement assez pour faire oublier les affres du climat, parce que s’il fallait s’arrêter à des détails comme celui là, autant rester sous une chouette couette.
Arnaud Faugère
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