Pas une déferlante ni un rouleau, encore moins un mascaret, mais la lente procession des premiers voiliers, le passage sous le pont levant qui fait taire toutes les rumeurs par son fonctionnement huilé, et une Armada qui commence alors que les quais ne vivent pas encore leurs heures les plus chaudes. Vite, le ballet bien réglé les guide vers leur case du grand puzzle qui compte plus de quarante pièces.
Ce jeudi, ils sont bien moins nombreux, mais l’Amerigo les écrase un peu tous. Par sa taille, sa réputation, son allure aussi, le géant vient s’amarrer au pied de Guillaume. Une sorte de complicité entre conquérants peut-être. Pour ceux qui n’ont jamais vu arriver les premiers voiliers groupés, l’émotion fonctionne, se lit dans les yeux. Le Brésilien tout blanc, Cisne Branco, le Mircea roumain et les arrivants du jour donnent déjà le ton.
Vendredi à partir de 16 h, l’arrivée sera plus massive encore, entre 16 h et 19 h. Avec une flotte d’au moins huit néerlandais, parmi lesquels le très beau Stad Amsterdam, le seul à posséder un vrai bar sur le pont. Ça situe quand même une culture ! Les deux géants de 110 mètres, les plus grands du rassemblement, seront du cortège aussi : Mir le russe et Dar le Polonais, des frères ennemis qui n’en sont plus. Et côté militaire, le toujours très prisé Cuauhtemoc mexicain – toujours détenteur du record de visiteurs à bord, en 2003 -, et le Shabab Oman du Sultan et son orchestre de cornemuse.
De quoi faire vivre ces quais déserts pendant cinq ans, de quoi donner un bel élan international à la ville. Et l’inauguration n’a lieu que samedi, alors pas question de gâcher de l’énergie.
Publié par arnaudfaugere 








